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  1. Trois choses demeurent (1 Corinthiens 13 v 13)

Connaissez-vous la croix de Camargue ? C’est une croix dont la base a la forme d’une ancre de marine et qui porte en son centre un coeur.
La croix symbolise la Foi, le coeur symbolise l’Amour, l’ancre symbolise l’Espérance. La croix de Camargue n’est pas mentionnée dans la Bible. Par contre, la Foi, l’Espérance et l’Amour, oui ! Maintenant donc ces trois réalités demeurent, dit Paul : la Foi, l’Espérance, l’Amour ; mais la plus grande de ces réalités, c’est l’Amour (1 Co 13.13).

En général, on retient la fin du verset : Le plus grand c’est l’Amour.

Pourquoi dire cela ? Parce que dans la pensée de Paul, ces trois réalités demeurent

ensemble. Elles sont inséparables : un seul et même Esprit communique l’Amour, la Foi et l’Espérance, qui viennent de Dieu, au croyant, de telle sorte qu’on ne peut avoir l’un des trois sans avoir les deux autres.

  1. L’Espérance et la Foi

L’Espérance est très proche de la Foi (Hé 11.1). Il y a une différence, cependant, sinon, Paul aurait écrit : Maintenant, deux réalités demeurent. Or, il dit trois !

Comment distinguer l’Espérance de la Foi ?

La Foi regarde le présent. Dieu appelle Abraham et lui dit de partir. Abraham se lève et s’en va. Quand ? Maintenant. C’est la Foi. Jésus dit à Pierre : Laisse tes filets et suis-moi. Pierre laisse ses filets et suit Jésus. Jésus dit : Mes brebis écoutent ma voix et elles me suivent (v. 27). Les verbes sont au présent. C’est la foi au quotidien.

La Foi reçoit de Dieu et vit MAINTENANT ce qu’il y a à recevoir et à vivre avec Dieu MAINTENANT. Si aujourd’hui je regarde à Jésus, si aujourd’hui j’écoute sa voix, si aujourd’hui je reçois la grâce que Dieu me donne, c’est cela la Foi.

 L’Espérance regarde les choses promises, les réalités encore à venir. Dieu dit à Abraham : Regarde les étoiles du ciel et compte-les si tu le peux. Telle sera ta postérité (Gn 15.5 ; cf. 21.17). Le verbe est au futur. Abraham est mort sans voir sa postérité ; mais ces choses ont été devant lui comme un horizon certain, de telle sorte qu’il les a vues et il s’en est réjoui, sans les posséder encore.

Paul écrit aux Thessaloniciens:
Nous nous rappelons votre Foi active, le labeur de l’Amour et l’endurance de l’Espérance dans le Seigneur (1 Thessaloniciens 1.3). Puis : Revêtons la cuirasse de la Foi et de l’Amour et ayons pour casque l’Espérance du salut (5.8).

Quand Jésus dit : Je connais mes brebis, elles me connaissent et je leur donne la vie éternelle, c’est la Foi (c’est au présent). Quand il dit : Je vais vous préparer une place afin que là où je suis, vous soyez aussi avec moi, c’est l’Espérance : ce n’est pas encore, mais c’est certain ! L’Espérance relie le présent du chrétien à son avenir avec Dieu.

Quand Jean écrit (1 Jean 3.2) : Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu – cela est saisi par la Foi, le verbe est au présent.

Quand il ajoute : Ce que nous sommes n’a pas encore été manifesté, mais nous savons que lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est – c’est l’Espérance, les verbes sont au futur.

C’est l’esprit des Béatitudes : Heureux maintenant ! Mais le verbe qui suit est au futur.

Ils seront consolés, c’est plus tard. On voit que les deux sont liés : Ils seront consolés dès maintenant (!), même s’ils pleurent – avant d’être consolés définitivement !

      3. Et L’Amour ?

Les trois sont inséparables, ai-je dit. Vraiment ? Nous nous illusionnons beaucoup sur l’Amour. Si quelqu’un est gentil, on dit qu’il a de l’amour. En septembre, c’est la saison des amours entre les biches et les cerfs… On ne sait pas vraiment de quoi on parle. Le début d’1 Corinthiens 13 nous bouscule : distribuer tous ses biens sans amour ? Eh oui.

Beaucoup de personnes pensent qu’il n’y a pas besoin de la Foi ou de l’Espérance pour aimer. La Bible dit que nous avons connu l’Amour en ce qu’il a donné sa vie pour nous (1 Jan 3.16). Comment cela serait-il possible sans la Foi ? C’est seulement par la Foi !

Cela est bien visible quand Jésus commande à ses disciples de s’aimer les uns les autres comme il les a aimés (Jn 13.34-35). Dans ce passage Jésus dit : De l’amour dont je vous ai aimés – dans la mesure où vous l’avez reçu – vous pouvez vous aimer les uns les autres. Faites le !

En fait, l’Amour du Père pour le Fils, l’Amour de Jésus pour ses disciples et l’Amour des disciples entre eux, c’est le même ! C’est la dimension de la grâce !

Cet Amour, il est versé dans nos coeurs par le Saint Esprit qui nous a été donné (Ro 5.5).

En réalité, il y a un seul Amour, de même qu’il y a une seule Foi et aussi une seule Espérance. Et cela vient de Dieu. Le reste, ce sont des imitations !

  1. L’espérance conditionne la marche

L’Espérance est, pour beaucoup, une réalité abstraite. Abraham quitta tout et partit (c’était la Foi) car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur (c’était aussi l’Espérance) (Hé 11.10). Il fallait les deux !

2 Le mot grec (kathôs) traduit pas comme peut être traduit par dans la mesure où. Cela permet d’éviter la compréhension

moralisante : Jésus ne demande pas seulement de l’imiter mais de vivre ce qu’ils ont reçu et de le transmettre.

Quand les Israélites dans le désert ont perdu la vision de la terre promise, leur foi s’est affaiblie : au lieu de partir à la conquête, ils se sont découragés et se sont fait une idole.

Il est dit de Jésus qu’en vue de la joie qui lui était réservée, il a souffert la croix et méprisé la honte (Hébreux 12.2). L’Espérance de Jésus a fortifié sa foi et lui a permis de tenir ferme au milieu des pires oppositions. Il en sera de même pour nous.

L’espérance est le terreau de la persévérance, de l’endurance, un peu comme quand il est écrit d’Abraham qu’espérant contre toute espérance, il crut (Romains 4.18).

Est-ce un détail de la vie chrétienne ? Voilà un chrétien gravement malade. Que faire ?

La Foi s’attend à la grâce de chaque jour et peut-être à la puissance de Dieu qui guérit. Et si Dieu n’accorde pas la guérison ? Alors l’Espérance porte ses regards sur la résurrection à venir. Toutes nos prières ne sont pas exaucées, n’est-ce pas ? Les corps incorruptibles, c’est pour plus tard ! L’Espérance rend possible l’acceptation.

Il peut arriver à chacun de nous de vivre des moments où tout ce que nous attendons se dérobe. Il arrive le contraire de ce que nous avons demandé dans nos prières ! Paul écrit :

Nous gémissons dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste (2 Corinthiens  5.2).

Nous gémissons, cela signifie que ce n’est pas que lui. Et le présent de l’indicatif indique que c’est une situation qui est susceptible de se répéter ou de se prolonger dans le temps.

Ici, la Foi a besoin de l’Espérance, cette ancre de l’âme, solide et sûre, qui pénètre au-delà du voile, où Jésus est entré pour nous comme précurseur (Hé 6.19). Cela signifie mettre cela devant nos yeux avant tout le reste. On l’a tellement contemplé que cela s’est inscrit devant nous. Le reste, ce sont les choses passagères. Si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance (Romains 8.24).

Beaucoup de chrétiens cherchent à nourrir leur Foi, mais ils négligent la dimension de l’Espérance.

L’Espérance (et pas seulement la Foi) modifie notre manière de vivre au quotidien. Les hommes qui sont sans espérance et sans Dieu dans le monde ne vivent pas comme ceux qui ont une espérance. Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons car demain nous mourrons (1 Corinthiens 15.32). Les chrétiens aussi mangent et boivent ! Mais normalement, ils ne le font pas de la même manière.

Deux personne marchent sous la pluie. Une des deux sait où elle va ; l’autre non. Vont-elle voyager de la même manière ? En apparence oui. En réalité pas du tout.